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Journée internationale de sensibilisation à l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale ( ETCAF ) ou FASDAY-9 Septembre

La journée internationale de sensibilisation au SAF ou FASDAY a été fondée par des parents adoptifs d’enfants exposés à l’alcoolisation pendant la grossesse :
 
Bonnie BUXTON et Brian PHILCOX appartiennent à FASworld (Union internationale de parents et de professionnels pour la sensibilisation du public aux déficiences congénitales causées par la consommation d’alcool pendant la grossesse) ; Teresa KELLERMAN est à l’origine de FASstar (Fetal Alcohol Syndrome Support Training Advocacy and Resources, un site Internet qui offre des services de formation, d’information et des ressources sur le SAF et les ETCAF /).
 
C’est en Octobre 1998 que les trois protagonistes se seraient rencontrés en Arizona où ils décidèrent de créer une organisation internationale de sensibilisation aux problèmes d’alcoolisation fœtale dans le monde.
 
Ainsi naquit l’idée de FASDAY. La date du 09/09/99 a été choisie pour rappeler à tous que la femme doit s’abstenir de boire de l’alcool pendant les neuf mois de grossesse, et 09h09 est l’heure retenue pour un moment de silence et de réflexion.
 
La première Journée internationale de sensibilisation au SAF a été célébrée le 09/09/99 à 09h09 dans beaucoup de régions du monde. La création du site web : www.fasday.com a permis de faire circuler rapidement les informations. Et ce jour-là, à cette heure précise, les cloches ont sonné dans beaucoup de pays.
 
Depuis, la journée du SAF est devenue celle de sensibilisation à l’Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Foetale (ETCAF). Et chaque année, ce sont des centaines de bénévoles de par le monde qui consacrent leur temps et leur énergie à organiser des activités de FASDAY impliquant maintenant des milliers de participants.

Source : site de Fasday

Une journée internationale pour réfléchir à la problématique de l’ETCAF

L’ETCAF désigne un ensemble de manifestations physiques et neurologiques qui peuvent survenir chez un individu exposé à l’alcool avant sa naissance. Ces troubles forment un continuum ou encore un spectre ; le syndrome d’alcoolisation foetale (SAF) est la forme la plus sévère de ce spectre.


Il est à noter qu’il est parfois question également de Trouble du Spectre de l’Alcoolisation Fœtale (TSAF), terminologie qui englobe le syndrome d’alcoolisation fœtale, l’une des formes sévères de TSAF , et toutes les conséquences autrefois appelées EAF (effets de l’alcoolisation fœtale). L’acronyme ETCAF (Ensemble des Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale) est la traduction de l’appellation anglophone « Fetal Alcohol Spectrum Disorder ».
 
D’après la Haute Autorité de Santé, l’incidence du syndrome d’alcoolisation fœtale en France serait de l’ordre de 1,3 ‰ naissances vivantes par an. Celle de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale dans les pays occidentaux serait de 9 ‰ naissances vivantes par an.
 

Selon l’enquête périnatale de la DREES menée en 2010 en France (Guyane, Guadeloupe et La Réunion compris), « 19,7 % des femmes ont déclaré avoir bu au moins une fois durant leur grossesse, alors qu’elles savaient qu’elles étaient enceintes. À l’occasion d’une consommation ordinaire, 75 % de ces femmes déclarent avoir bu moins d’un verre. Par ailleurs, 3,7 % des femmes déclarent une consommation de plus de trois verres en une même occasion. »

Quelques données sur alcool et grossesse dans les DOM

  • Alcool et grossesse en Guyane

L’observatoire Régional de la Santé de Guyane et la Direction de la Santé et du Développement Social Guyane ont réalisé une étude « Fréquence, déterminants et conséquences du mauvais suivi des grossesses en Guyane française » en 2008.

Parmi les 1431 femmes interrogées, près de 11% des femmes disaient avoir consommé de l’alcool pendant leur grossesse dont 124 (84,35%) ayant une consommation journalière de moins de deux verres, 16 deux verres (10,88%) et 7 plus de deux verres (4,76%). Des conseils quant à leur consommation d’alcool avaient été délivrés à 65% des femmes ayant consommé de l’alcool.

  • Situation à Mayotte

D’une façon générale, la consommation d’alcool ne fait pas partie des traditions mahoraises. Néanmoins, elle a commencé à émerger ces dernières années notamment chez les jeunes.

Par ailleurs, le Schéma de prévention du PRS de l’ARS OI indique que « le suivi des femmes enceintes ne peut être assuré de manière exhaustive par les services de PMI ne comprenant que 7 médecins pour 8500 naissances par an. »

  • Situation à La Réunion

Selon l’ARS OI, il y aurait une vingtaine d’enfants qui naissent chaque année à La Réunion avec le syndrome d’alcoolisation foetale (SAF) et l’ETCAF concernerait 140 enfants par an.

Ces estimations sont cependant à manier avec prudence dans la mesure où elles ne reposent pas sur les conclusions d’études épidémiologiques.

Consulter le dossier de la PEIDD : Le SAF à La Réunion ... Une situation bien décrite ... mais des données lacunaires ... Et après ?

 
L’exposition prénatale à l’alcool est encore une problématique relativement récente pour les professionnels de la santé et le grand public. C’est pourquoi la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites addictives (MILDECA), dans le Plan de lutte contre les drogues et les conduites addictives (2013-2017), insiste sur les campagnes de communication. Il s’agit en effet de "favoriser la prise de conscience des risques sanitaires et sociaux accrus encourus par les femmes en faisant mieux connaître et partager les évidences scientifiques sur les risques inhérents aux consommations durant la grossesse.

Cependant, si cette information est nécessaire, elle n’est pas suffisante pour permettre des changements de comportement au niveau individuel. C’est dans ce sens que les nouvelles approches en éducation pour la santé préconisent que l’information doit être co-produite avec les personnes concernées, reconnaissant ainsi l’importance du savoir « profane » en complément du savoir des experts.
 

Pourquoi certaines femmes consomment-elles de l’alcool durant la grossesse ?

S’il est vrai que bon nombre de femmes ne savent pas les conséquences exactes de l’alcoolisation pendant la grossesse, d’autres facteurs interviennent pour expliquer la consommation d’alcool des femmes enceintes :

  • Elles consomment de l’alcool avant de se savoir enceintes.
  • Elles ne savent pas dans quelle mesure l’exposition prénatale à l’alcool peut nuire au fœtus.
  • Elles sont dépendantes et n’osent pas en parler aux soignants.
  • Certaines d’entre elles pensent que l’alcool va les aider à faire face aux situations difficiles qu’elles rencontrent (violence, ruptures, deuil …).

C’est donc une approche globale de la problématique qui pourra permettre une meilleure efficacité dans la prévention des ETCAF.

A retenir …

L’ETCAF est un problème complexe dû à une alcoolisation de la femme enceinte ; les causes sous-jacentes de cette alcoolisation sont profondes. [1]


Les manifestations de l’ETCAF sont variées : difficultés d’apprentissage scolaire, troubles du caractère et du comportement pouvant conduire à l’exclusion sociale.


L’exposition prénatale à l’alcool est considérée comme la première cause non-génétique de handicap mental chez l’enfant.


La société porte un regard jugeant sur la femme enceinte qui boit. Ce regard engendre la honte chez les femmes qui ont alors du mal à parler aux soignants de leur consommation d’alcool. A la honte, s’ajoute la peur d’un placement éventuel de leurs enfants.


Les professionnels de santé sont de plus en plus formés aux bonnes pratiques de prévention de l’ETCAF.


Pour en savoir plus sur l’ETCAF :

*Pour avoir le programme des manifestations dans les DOM, consulter la rubrique AGENDA du site.

Publié le 10 septembre 2014
Mis à jour le 11 août 2017
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